Un an parmi les “Nobel” de l'écologie

Un an parmi les “Nobel” de l’écologie
CLICANOO.COM | Publié le 5 octobre 2008

Un an parmi les “Nobel” de l'écologie voyage. Sébastien Viaud, enseignant et photographe d'origine ligérienne, a bouclé en août dernier un tour du monde loin d'être conventionnel. Il est parti à la rencontre de 29 des 126 prix Goldman, la version du Nobel pour les militants environnementaux. Un voyage initiatique à travers trois continents apportant des réponses au défi global. En partenariat avec Kanari films, il va en tirer un documentaire.
“On le sait, l'urgence environnementale est énorme. Mais au-delà de cette menace qui pèse sur nos têtes, quels sont les moyens pour faire front ? Certains ont déjà répondu à cette question à leur échelle”, lance tout de go Sébastien Viaud. Ce jeune enseignant et photographe de 31 ans, originaire de Grandchamp-des-Fontaines (Loire-Atlantique), vient de boucler un tour du monde à consonance écologique. Son parcours à travers 33 pays-étapes, soit 63 000 kilomètres, l'a mené à la rencontre des lauréats du Goldman prize, véritable prix Nobel de l'environnement (lire ci-dessous). Il a eu l'idée, il y a trois ans et demi, de faire ce voyage et d'en tirer un documentaire. Il explique : “L'ampleur des défis liés aux changements climatiques, de la protection des ressources et de la biodiversité, de la gestion de l'eau, de celle des déchets... tout cela semble accablant. Quand on écoute les politiques sur le développement durable, on a l'impression qu'il s'agit d'objectifs inatteignables. Ce n'est pas le cas. J'en ai acquis la certitude pendant ce voyage”. Il ajoute : “On a les moyens d'agir. Les projets mis sur pied par les Goldmen le prouvent. La population est prête. J'ai pu le constater”.

“Le chaînon manquant est politique” Pour la gestion des déchets ménagers par exemple, les solutions existent déjà, le tri peut se mettre rapidement en place. “50 % des déchets sont de type organique. En faire du compost cela équivaut à éviter de les enfouir ou de les brûler mais aussi à réduire les pesticides utilisés dans l'agriculture. Environ 30 % de ce qui reste sont composés de verre, de plastique... que du recyclable. Pour les environs 20 % de déchets non réutilisables, des techniques plus propres de destruction que l'incinération existent déjà... Qu'est-ce qu'on attend pour les mettre en œuvre ? Certaines communautés des Philippines font déjà ce boulot, mais les autorités ne suivent pas”. Le chaînon manquant pour Sébastien n'est autre que “la volonté politique”. Il se dit “très déçu” du résultat du Grenelle d'ailleurs : “C'était une véritable occasion de prendre le leadership environnemental pour la France. Mais finalement, c'est la montagne qui accouche d'une souris et les bonus-malus c'est déjà aller trop vite pour le gouvernement... J'en suis extrêmement triste”. Pourtant, il reste optimiste : “J'étais parti avec beaucoup de doutes et de questions lors de ce voyage. Grâce à eux, je reviens avec la foi en notre capacité à réagir”. Eux, ce sont les différentes personnalités rencontrées dans la forêt amazonienne, au Chili, au Timor oriental “premier pays à inscrire le développement durable dans sa constitution”... Marqué par “toutes les rencontres”, Sébastien se souvient notamment de Nat Quansah (prix 2000). “Il a longuement travaillé à la revalorisation et à la sauvegarde des pratiques médicinales traditionnelles. Cet ethnobotaniste a créé une clinique au fin fond de la brousse malgache à Ambodisakoana pour permettre aux plus pauvres de continuer à se soigner grâce aux plantes. Celles-ci sont capables de guérir 80 % des maladies. Ce savoir est menacé par le manque de transmission et la médecine chimique occidentale. Or, une grande partie de la population n'a pas les moyens de se payer cette pharmacopée occidentale”, raconte le voyageur. Comble de l'ironie, les laboratoires ont tout simplement pillé la biodiversité locale afin de synthétiser des molécules pour leurs produits... C'est ce même panel de plantes qui se trouve aujourd'hui en péril à cause de la déforestation. En Somalie, au Puntland, Sébastien a pu rencontrer Fatima Jibrell (prix 2002), fondatrice de l'association Horn Relief (Organisation d'aide au développement de la Corne de l'Afrique). “Cette femme est extraordinaire. Elle a fait et continue à faire des choses incroyables pour sa région”. Face à la déforestation massive, elle a mené une bataille titanesque. L'exportation massive de l'“or noir” somalien, le charbon de bois en provenance d'acacias plusieurs fois centenaires, pendant plus d'une décennie “a mis à mal l'avenir de cette région”.

Créer l'Homo ecologicus Cette militante écologique a réussi à convaincre les autorités du danger. Elles ont finalement décidé d'interdire l'exportation en 2000. Les dégâts étaient déjà faits : l'érosion des sols. Afin d'enrayer ce processus, l'organisation de Fatima a mis sur pied “une stratégie utilisant les ressources locales en créant des digues de pierres et de rocs (ndlr : environ 10 000) destinées à stopper le ruissellement de l'eau et à combler les ravins formés”, explique Sébastien. Il poursuit : “Le précieux liquide est également canalisé pour alimenter la végétation et les cultures”. Quant au charbon traditionnellement utilisé dans la région pour la cuisine, il est, grâce aux efforts de Horn Relief, progressivement remplacé par des cuiseurs solaires. Sébastien Viaud ajoute : “Ici comme ailleurs, les habitants n'ont pas besoin de sacs de riz mais de moyens pour se développer afin de créer des ports, des ponts, des routes...” L'enjeu se situe dans l'amélioration des infrastructures, afin de gagner en indépendance. À l'issue de ce voyage, il conclut : “Chacun a son rôle à jouer dans un mouvement collectif de grande ampleur. On participe tous à la solution à long terme, à faire bouger les décideurs politiques, qui se réfugient derrière notre prétendue passivité. On se doit de réinventer ce qu'est l'homme du XXIe siècle : un Homo ecologicus”. Et si “les solutions mises en place par les Goldmen ne sont pas toutes duplicables, elles sont source d'inspiration”. À bon entendeur.

Textes : Bruno Graignic Photos : Sébastien Viaud


Le prix Goldman, késako ?


Le Goldman price récompense chaque année les “héros de l'environnement”. Au total, 126 personnes représentant 72 pays ont reçu cette récompense depuis 1990, date de sa création par le leader civique et philanthrope Richard N. Goldman et sa femme Rhoda H. Goldman. Ces figures ont mené certains des combats environnementaux les plus urgents au cours des deux dernières décennies. Les lauréats sont choisis par un jury à partir de candidatures secrètes postées par un réseau international de militants et d'ONG écologistes. Chacun a reçu entre 125 000 à 150 000 dollars pour poursuivre son combat. Huit Goldman price ont été choisis pour occuper le poste de ministre de l'environnement dans leur pays. Wangari Maathai, récompensé en 1991, a même reçu le prix Nobel de la paix en 2004.




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# Posté le dimanche 05 octobre 2008 17:27

POUR UN GESTE JUSTE, JUSTE UN GESTE 2

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# Posté le dimanche 05 octobre 2008 17:20

POUR UN GESTE JUSTE, JUSTE UN GESTE

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# Posté le dimanche 05 octobre 2008 17:18

La femme qui plantait des arbres

La femme qui plantait des arbres
Wangari Matthai est la première femme africaine à avoir reçu un prix Nobel de la paix en octobre 2004 pour « sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix ». En 1977, cette Kenyane fonde le Mouvement de la Ceinture Verte (Green Belt Movement en anglais) qui a permis de planter 30 millions d'arbres dans cette région d'Afrique orientale touchée par l'érosion des sols, et donc une pauvreté accrue des populations locales. Mais le GBM est aussi un mouvement en direction des femmes pour que celles-ci acquièrent dignité et autonomie au sein de la société. A ce jour, c'est 80 000 femmes rurales réparties dans 3 000 pépinières qui ont participé au programme de reboisement initié par cette militante des droits de l'homme qui ne dissocie pas les enjeux de l'écologie et de la démocratie. Fort de son succès, son mouvement s'est étendu à d'autres pays africains comme la Tanzanie, l'Ouganda, l'Ethiopie, le Zimbabwe ou encore le Lesotho.

Cela peut paraître anodin de planter des arbres, ça ne l'est pas. Cette militante s'est heurtée aux intérêts contraires des industriels, qui abattent les forêts primaires pour replanter des essences commercialisables, ou construisent des projets immobiliers pharaoniques au mépris des populations les plus pauvres. Quant à la responsabilité des politiques, Wangari Matthaï ne l'épargne pas. Raillée, calomniée, battue, et même emprisonnée plusieurs fois, elle n'a eu de cesse de dénoncer leur autoritarisme et leur corruption. Son combat n'est pas celui d'une écologiste au sens « étroit » du terme : il embrasse la cause des droits de l'homme, et donc de la femme, l'équité sociale et la démocratie qui seuls peuvent garantir une paix durable entre les peuples. Prônant l'unité au sein de l'opposition, elle s'est heurtée aux partisans d'une division ethnique de la population en communautés qui s'affrontent.

En février 2008, elle a reçu des menaces de mort émanant d'une bande criminelle composée principalement de membres de l'ethnie des Kikuyus dont elle est issue. Alors même que le chef de la police avait déclaré que la police kenyane enquêtait sur ces menaces, les forces de l'ordre ont récemment enlevé à Wangari Maathai le garde du corps qu'elles avaient mis à sa disposition après qu'elle eut reçu le prix Nobel de la paix.
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# Posté le samedi 04 octobre 2008 14:36

Energie : le recours aux fournisseurs alternatifs progresse mais reste faible

Energie : le recours aux fournisseurs alternatifs progresse mais reste faible
INFO EN DIRECT du 01 septembre 2008 [source Les Echos]

Au 30 juin 2008, 288.000 foyers, sur un total de 29,4 millions, avaient choisi un autre fournisseur d'électricité qu'ED. Pour le gaz, 203.000 foyers se sont tournés vers un concurrent de GDF.

Le nombre de foyers français ayant choisi un fournisseur "alternatif" d'électricité ou de gaz s'est accru nettement au deuxième trimestre, tout en restant faible, un an après l'ouverture du marché de l'énergie, a indiqué la Commission de régulation de l'énergie (CRE).

Au 30 juin, 288.000 foyers, sur un total de 29,4 millions, soit environ 1%, avaient choisi un fournisseur "alternatif" d'électricité, autre qu'EDF et fournissant de l'énergie à prix libres, c'est-à-dire non réglementés, contre 112.000 au 31 mars. Pour le gaz, 203.000 foyers, sur un total de 11 millions, avaient choisi un fournisseur "alternatif" (autre que GDF) à la fin du deuxième trimestre, contre 128.000 au 31 mars, a précisé la CRE dans un communiqué.

"Sur le marché de détail non résidentiel, l'activité est stable" quatre ans après l'ouverture totale de ce marché, ajoute la CRE. à fin juin, 344.000 sites étaient dotés d'un fournisseur alternatif d'électricité et 84.000 pour le gaz, contre respectivement 342.000 et 80.000 trois mois auparavant. "Les marchés de l'électricité et du gaz restent dominés par les tarifs réglementés, puisqu'au 30 juin, 97% des sites toutes catégories confondues sont aux tarifs réglementés en électricité et 94% en gaz" , conclut la CRE.

En termes de consommation, ces pourcentages passent à 88% pour l'électricité et à 56% en gaz. A l'occasion des déménagements intervenus au cours du deuxième trimestre, ménages ou entreprises sont restés peu nombreux à choisir une offre à prix libre dans l'électricité (4%) mais davantage (22%) dans le gaz.

Il existe actuellement neuf fournisseurs d'électricité "alternatifs" : Alterna, Direct Energie, Electrabel (groupe Suez), Enercoop, Planet UI, Gaz de France, GEG Sources d'Energie, Poweo, Proxelia. Ils sont seulement trois dans le gaz: Altergaz, EDF et Poweo, indique la CRE. EDF propose aussi de l'électricité à prix libres et GDF du gaz mais l'immense majorité de leurs clients disposent de tarifs réglementés.
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# Posté le lundi 29 septembre 2008 08:38

Modifié le samedi 04 octobre 2008 14:44